Faune sauvage
 
 

chamois en pelage hivernal (jp Daniel)

cerf au brâme (jp Daniel)

La faune visible sur Péone

Elle est caractérisée par la présence d'un grand nombre d'espèces : quatre grands ongulés sauvages sont bien implantés : le cerf, le chevreuil, le chamois et le sanglier. Depuis quelques années, on assiste à la réapparition du bouquetin grâce aux noyaux existants sur Entraunes (Massif de Roche Grande et Tours du Lac d'Allos).
Le mouflon n'apparaît que de façon sporadique venant essentiellement de la Haute-Tinée.

En ce qui concerne les oiseaux les plus emblématiques présents sur la commune, je citerai la perdrix bartavelle, ainsi qu'une population relictuelle de tétras- lyres cantonnée dans de petites enclaves du mélezin. Cette espèce, très sensible au dérangement de toute sorte, voit son espace vital se dégrader par la surfréquentation humaine. En effet, dès les premières neiges, les tétraonidés s'enfouissent sous la poudreuse pour se mettre à l'abri et économiser leur énergie. Il suffit du passage d'un skieur ou d'un raquetteur sur ces zones pour déranger cet oiseau qui s'enfuira alors pour creuser une nouvelle galerie au péril de sa vie. Les chiens errants, mais surtout l'agrandissement du domaine skiable (avec le piège mortel que sont pour eux les cables de toutes sortes et les créations de nouvelles pistes forestières) font aussi payer un lourd tribut à ce bel oiseau.

Quelques rares couples de lagopèdes alpins sont aussi présents mais cantonnés en versant ubac des étages alpins à nivals pendant l'été. Ils migrent alors temporairement sur l'adret durant la saison hivernale.

Au sujet des rapaces diurnes, un couple d'aigle royaux a une partie de son territoire de chasse située sur la commune.
Faucons pèlerins, crécerelles, hobereaux, buses variables, bondrées apivores, autours des palombes et circaètes Jean le Blanc nous offrent leur remarquable ballet aérien au fil des saisons et de leurs migrations pour certains.

Les rapaces nocturnes sédentaires ou migrateurs sont aussi représentés : hibou grand duc, petit et moyen duc, chouette hulotte, chevêche et chevêchette, ou de tengmalm égayent nos nuits de leurs chants répétitifs et monocordes.
Sans oublier les survols journaliers des vautours fauves qui depuis quelques années nous font la joie de quitter les gorges du Verdon ou bien plus loin en profitant des thermiques pour partir à la recherche de carcasses d'ovins durant l'été, plus rarement nous pouvons observer le gypaète barbu orbant à la recherche d'os qu'il brise pour en extraire la moelle, sa nourriture principale.
Quant aux petits mammifères, il s'agit essentiellement des lièvres communs et variables, marmottes, renards et discrets mustélidés (hermines, martres, belettes).

Le loup :

Les périodes de chasse réduites, la mise en place des plans de chasse donnant des attributions par rapport à un comptage des populations et la création de grandes réserves et de parcs nationaux sont les bases qui ont permis le retour de notre plus grand prédateur. Le riche écosystème du P.N.M. ne pouvait que recevoir un jour sa présence.

La présence de notre " Canis Lupus Italicus ", car c'est de lui qu'il s'agit, était déjà signalée en 1991 dans la région de Cunéo par les scientifiques italiens (L.Boitani). Ils suivaient cette espèce protégée depuis 1976 dans la botte, où il en restait en 1971 moins de 100.

Il y a maintenant entre 500 à 1000 loups en Italie, pays d'où il n'a donc jamais totalement disparu. Tous les spécialistes européens du loup avaient averti notre pays que sa venue était imminente, car le loup passe où il veut. Sa venue depuis les Abruzzes, tout en recolonisant peu à peu les Apennins Centraux, n'a pas mis plus de vingt ans.
Ce fut chose faite comme le signale la dépêche de l'A.F.P. du 14 avril 1993 à 17h : " Deux loups installés en France dans le massif du Mercantour à moins d'une heure de Nice ".

Un corridor de passage a désormais été ouvert par les loups entre la France et l'Italie et leur expansion à travers les Alpes les conduit toujours plus loin. Ils peuvent s'adapter à des environnements fort différents, même perturbés par l'homme.
Péone au croisement des territoires de 2 meutes fait partie des 25 zones de présence permanentes du canidé dont l'effectif total estimé sur notre hexagone serait d''environ 140 à 180 individus.

Vivre avec le loup ou tout autre grand prédateur revient en effet à se demander quelle nature nous voulons et quel degré de " sauvage " nous sommes prêts à accepter. Cela rejoint la réflexion de l'artiste suisse Robert Hainard qui affirme :

" Le degré de civilisation se mesurera à la quantité de nature sauvage que l'homme aura réussi à préserver ."

 

siret 50876925400014